Un texte écrit trop tôt, mais déjà incapable de mentir.
Ce texte a été écrit à l’âge de vingt et un ans.
À l’époque, je m’étais amusé à en rédiger une quatrième de couverture volontairement ironique, presque à charge, comme pour prendre les devants sur ce que l’on pourrait en dire :
« L’auteur de ce torchon se perd dans la beuverie, le stupre, en bref dans la décadence. Il n’est point besoin d’aller plus loin dans la critique dans le cas d’un auteur sans avenir tel que celui-ci. »
— Janine De Latouchemonkuh, Femme d’aujourd’hui
Le manuscrit est resté inédit. Aucune maison d’édition n’en a voulu.
Aujourd’hui, je l’ai repris. Non pour le réécrire, mais pour le rendre plus solide, en respectant sa matière d’origine. Il demeure néanmoins ce qu’il a toujours été : un objet littéraire fragile, traversé d’hésitations, d’élans et de ruptures.
C’est aussi pour cela qu’il est donné à lire gratuitement.
Ce roman occupe une place particulière dans mon parcours. Fondamentalement, il s’agit de mon deuxième texte après Capharnaüm. On y perçoit déjà une évolution, ainsi que certaines lignes d’écriture — rythmes, respirations, fragments — que j’ai continué à explorer par la suite.
Juliane y traverse la ville, ses marges, ses tensions, ses dérives. Elle avance sans certitude, portée par ce qui la déborde plus qu’elle ne le maîtrise.
Ce livre ne cherche pas à conclure. Il s’éprouve davantage qu’il ne s’explique.
© Arnaud Papin – Toute reproduction, diffusion ou utilisation sans autorisation est interdite