Passage de tout à rien

Dans une coupe sans fond, le contenant accuse le contenu de débordement

L’écho du mot manipulation résonne sur les planches d’un théâtre vide
Silence d’argile

Le tout et le rien, le rien et le tout s’entremêlent dans un tango inconfortable

Leurs ombres, projetées au sol par une lanterne fendue déploient des monstres dans les angles du miroir

Les objets pleurent d’être mal lus

Les mots, eux, ricanent, sarcastiques, heureux de voir que l’ironie du sort
l’emporte toujours à la fin

Dans les marges du discours, ce n’était pas un poison mais une soif

Une soif vieille comme l’enfance, une quête quasiment impossible mais qu’on ne veut pas lâcher

À quoi bon jeter l’éponge

La brûlure de l’absence n’est que la résultante d’un jugement erroné

Il n’y avait ni bourreau ni victime

Seulement deux âmes perdues dans un labyrinthe insonorisé

Donc abasourdis dans la confusion d’un dialogue de sourds où chacun se noie dans ses propres projections

Et pendant que l’un sculptait le silence, l’autre tentait d’y insérer des notes de musique

Mais ce n’était qu’un vent

Un vent très ancien qui s’amusait à passer par là remuant les couteaux dans les
plaies